Cannes 2011: The Artist – la classe américaine

[ 15 mai 2011 | Pas de commentaire | Dans les catégories: Cannes 2011, Critiques de film, par Zem, Première séance ]

La séance démarre et déjà, un problème se pose : le film de Michel Hazanavicius est en 1:33, soit le format carré de l’image de l’époque. Et là, le projectionniste, ne sachant tout d’abord pas comment positionner le rideau sur les côtés de l’écran, est comme le spectateur : surpris.

Passées les quelques minutes d’adaptation face à ce retour en arrière technologique que l’on subit de plein fouet, la magie opère. Et pour peu qu’on adore l’ambiance et l’esthétique des films des années 20-30 (comme moi), le charme est réel et l’humour du tandem Hazanavicius / Dujardin ne fait que nous conforter dans ce voyage temporel.

Aussi nostalgique que maîtrisé, The Artist sonne comme un pied de nez à toutes les superproductions françaises de ces dernières années avec un risque tout de même important à l’heure de la surenchère de la 3D. Pas de couleur, pas de son, une esthétique de l’époque toute assumée et un format carré loin du 16:9 et autres anamorphiques. Le plus étonnant, et c’est à saluer, c’est que c’est La Petite Reine de Thomas Langmann (producteur des films sur Mesrine ou du dernier Astérix, pour info) qui prend ce risque. De quoi faire taire quelques mauvaises langues quant au caractère vorace supposé du producteur.

Et avec The Artist, c’est un peu la France qui s’incruste à Hollywood avec des frenchies aussi à l’aise à l’écran dans des rôles bien américains que les locaux qui leur donnent la réplique (si je puis dire). Et les ovations dans la salle n’ont fait que renforcer notre fierté durant la séance.

Toutefois, même si Jean Dujardin est d’une étonnante maîtrise corporelle et que la mise en scène est inventive et très inspirée, on n’est tout de même pas au niveau des chefs d’oeuvre de l’époque en ce qui concerne les émotions et la pureté de l’histoire (on pense notamment à des artistes comme Douglas Fairbanks ou Charles Chaplin).

Malgré cela, et pour peu qu’on adhère au parti pris complètement fou de vivre une expérience qui nous ramène 80 années en arrière, The Artist est l’ovni français de l’année d’une grande maîtrise et qui prouve qu’on sait encore faire des choses singulières et différentes. Et en plus chez nos amis américains. Si ça c’est pas la classe.



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