La Pecora Nera – le regard des acteurs

[ 20 avr 2011 | Pas de commentaire | Dans les catégories: Jeu d'acteur, Par Aineka ]

La Pecora Nera (la brebis galeuse) est un premier film très singulier, au cinéma ce 20 avril 2011.

Le film, sélectionné à la 67ème Mostra de Venise en 2010, est réalisé par une personnalité du théâtre italien. Ascanio Celestini adapte sa propre pièce de théâtre, qui est un succès en Italie depuis 2005.

Ce projet a été nourri par une enquête de 2 ans à travers différents asiles psychiatriques italiens. De l’aveu du réalisateur cette partie du travail l’a fasciné : « Mon moment préféré à été les recherches d’interviews. Car j’ai écouté plus d’histoires que celles présentes dans le récit. Le moment le plus amusant est celui du montage du film. Non seulement on a réécrit, comme toujours quand on monte un film, mais je continuais aussi à écrire le texte de la voix pendant que je montais. C’est très stimulant de monter un film en ayant les éléments sous les yeux. On utilise des choses très différentes : écritures, images, son, etc. »

Le film a une vraie personnalité, conservant un regard d’enfant sur une situation tragique. Les acteurs sont filmés avec beaucoup d’humanité et sont très bien dirigés. Par ailleurs, le film souffre de quelques défauts, tel qu’une trop grande utilisation de la voix off qui nous coupe parfois de l’évocation des images. Ce choix artistique du metteur en scène, correspondant au dialogue interne de cet adulte/enfant interné, est je pense plus adapté au théâtre qu’au cinéma.

La liberté de jeu, ou la liberté dans la direction donnée aux acteurs, la fraicheur juvénile qui s’en dégage est vraiment ce qui m’a touché dans ce film.

Nous avons eu le privilège de rencontrer le réalisateur Ascanio Celestini, à l’occasion de la sortie du film. Nous l’avons interrogé sur ce qu’il recherchait chez ses acteurs et sa manière de les diriger. La réponse en vidéo.

 

Nous avions d’ailleurs déjà abordé cet aspect de l’écoute dans le jeu des acteurs à travers un article consacré à François Cluzet. Ce qui m’intéresse dans ses propos c’est qu’il responsabilise ses acteurs. Il est de plus en plus rare qu’un réalisateur confie les clés de son histoire à ses interprètes, sans se cacher derrière des artifices de mise en scène. C’est pourtant la responsabilité des acteurs. La mise en scène est ici au service de l’écoute, de la vérité, de l’émotion. Adapter sa mise en scène à ce qui se joue, est pour moi une preuve d’une grande maturité artistique. Un artiste intelligent qui responsabilise chaque membre de son équipe. L’art collectif qu’est le cinéma prend ici du sens.

En espérant vous avoir donné envie de découvrir ce film qui j’espère trouvera son public malgré une combinaison de salles très réduite. Les films personnels n’ont pas les mêmes chances que les sorties industrielles. Un film humain en somme, face à la marée industrielle. Irez-vous le voir ?

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