Les mécanismes de l’inspiration

[ 30 avr 2010 | 3 Commentaires | Dans les catégories: Analyses, par Zem, Écriture ]

Mike Myers a ses bains du dimanche matin, moi j’ai ma douche quotidienne. Pas qu’il se lave moins que moi, non, je parle simplement de ces habitudes, ces moments, où l’inspiration vient plus facilement.

Certains ont leur petit rituel d’inspiration, d’autres se font surprendre à toute heure… les bonnes idées peuvent frapper partout et n’importe quand. En tant qu’auteur, j’ai toujours à portée de main quelques feuilles et de quoi écrire. Ou les Notes de l’iPhone, bien pratiques.

Mais une fois l’idée bien installée dans un coin de ma tête, j’ai une sorte de parcours créatif qui varie rarement. Je me suis donc amusé à détailler ce processus.

1) L’idée. Elle peut frapper n’importe où, n’importe quand. Suite à une image, un film, une phrase anodine, une anecdote… ou une douche. Que ce soit un pitch de long métrage, une situation de court métrage, une idée de nouvelle ou même un article pour le site, je la note tout de suite. Sinon, le lendemain, plus aucune trace dans ma mémoire…

2) La maturation. Une fois l’idée émergée et notée sur un coin de bloc notes, je dois la laisser reposer. Il m’est en effet presque impossible de développer une idée directement après l’avoir eue. Je dois toujours la laisser mûrir. Je la note, l’oublie une semaine ou deux, et j’y reviens ensuite à tête reposée. Soit pour me rendre compte que ça ne vaut pas le coup de l’exploiter, soit pour la développer.

3) Le développement. C’est la phase d’écriture classique. Le travail est plus ou moins long s’il s’agit d’un court métrage, d’un article ou d’un long métrage, bien entendu.

4) Le recul. Dès la fin de l’écriture, j’ai besoin de m’éloigner de ce que j’ai écrit. J’ai la chance d’avoir un bon premier jet, je peux donc soumettre mon travail à quelques personnes pour un premier avis. Pendant ce temps de lecture (peut-être une ou deux semaines), je peux penser à autre chose et laisser reposer, même s’il ne m’est jamais possible de prendre totalement du recul. Une fois les différents avis récoltés, j’entame la réécriture.

5) La réécriture. Comme je l’ai dit, mon premier jet est souvent presque définitif. Les avis me servent donc à ajuster et peaufiner certains détails qui me paraissaient clairs mais qui ne l’étaient pas. Une fois retouché, mon écrit est relu par ces premiers lecteurs (s’ils en ont le courage !).

6) La publication. Une fois l’aval de mes chers lecteurs reçu, j’entame l’étape finale : la publication. J’entends par là : démarches auprès de producteurs, mise en chantier d’un petit tournage, etc. Mon histoire peut enfin vivre et s’éloigner de moi… même si ça ne sera jamais parfait et qu’il y aura toujours des retouches à faire. Mais il faut savoir s’arrêter !

Chacun a ses méthodes et des petits secrets, mais je pense que l’essentiel dans tout cela est de bien se connaître. Je sais par exemple que j’écris plus facilement la nuit et je connais ma façon de fonctionner, plus ou moins en 6 étapes comme je viens de vous les décrire.

Maintenant, le but est de passer plus de temps sur son clavier que dans son bain ou sous sa douche… Allez, au boulot !

Et vous, quel est votre fonctionnement au niveau de l’inspiration et du travail ?

A lire également :

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  2. De l’auteur au conteur
  3. Musique contre page blanche
  4. How I Met Your Mother: les scénaristes de demain
  5. Trouver un producteur : quelques conseils

3 commentaires »

  • Anthéa

    Moi, personnellement, mon mode d’écriture (pour le théâtre) est très anarchique: J’ai des images qui viennent me surprendre, des bribes d’émotions ou tout simplement des rapports relationnels qui s’offrent à moi et qui constituent le début d’une scène. A chaud, je poursuis l’écriture à partir de cet élément initial mais il faut dire qu’une pièce présente un aspect nettement plus fragmenté que le scénario d’un film surtout en ce qui concerne le théâtre d’avant garde que j’écris. C’est l’avantage de l’absurde, l’auteur peut se permettre des ruptures de sens! Je ne pourrai certainement jamais écrire de scénarii à cause de la trop grande discipline dans l’écriture nécessaire à la réalisation technique du film.
    Cependant, je pense qu’il me serait tout de même plus judicieux de procéder à l’avenir à une petite phase de « maturation » comme tu dis, ne serait-ce que pour reprendre le contrôle sur l’emprise de l’imagination et réorienter mes idées.
    Bon courage

    • Gilles

      Bonjour,

      Je suis comédien depuis 10 ans et depuis un an, scénariste débutant… ou inversement!!

      J’ai commencé l’écriture d’un long métrage il y a quelques temps, en apprenant seul la technique, qui m’a très vite passionné, et que je continue de découvrir.

      En lisant ton article, Zem, j’ai souri, je me suis rendu compte que je vis les mêmes 6 étapes que tu décris depuis que je m’y suis mis, exception faite de cette 6ème étape d’ailleurs, puisque je débute seulement et qu’il me reste la fin à écrire en ce moment !!

      A part ça, pour les trucs qui me font écrire personnellement, j’en ai encore peu ; quand tu dis qu’il faut se connaître, c’est très vrai et en commençant à écrire, à faire face à « l’écran blanc », à visualiser son histoire, à reconnaître ses blocages, à en chercher des parades, on apprend assez vite à se connaître soi.

      Moi, je n’écris que la journée, dès le matin, souvent prolifique à midi, incapable en soirée (trop ancrée encore en moi comme un moment de détente, d’abus sociaux divers et variés).

      J’écris au calme comme dans le bruit le plus assourdissant, imperturbable si je me sens complètement dans l’univers que je construis, voire même influencé positivement dans l’imagination par ce qui peut se passer autour de moi!

      Pour ce qui est des lieux, j’ai tout essayé :
      Chez moi, un studio de 13m2 au 6è étage dans paris, donnant sur rue, bouillant en été, claustro en hiver… euh, comment dire, j’ai mis 8 mois avant de pouvoir écrire une scène entière chez moi… Aujourd’hui, j’ai repris le pouvoir sur mon bureau, et je le gère mieux !!
      Sinon, j’apprécie les terrasses de bar (pas toujours évident avec un ordi, des livres, un gros calepin de notes, une bière et 5 paquets de clopes!!).
      J’ai essayé les bibliothèques (utiles pour de la doc mais un peu trop ambiance scolaire pour moi), la campagne (ça, c’est le grand luxe quand vous etes en overdose de Paris et que vous vous retrouvez seul, dans la nature > attention, pas trop longtemps quand meme, la campagne!!), plus généralement la province (maison avec terrasse ou cour, c’est mieux!!).
      J’ai même essayé la pelouse d’une piscine municipale mais là, c’était une gageure, je pense que ça devait rester une journée « sans » et que j’ai voulu me donner bonne conscience > échec sur toute la ligne !!

      Je me rends compte en écrivant cela que j’aime généralement écrire avec une ouverture sur l’extérieur, sur le dehors quoi !!

      Maintenant, ce que je n’ai pas encore tout à fait chopé, c’est le premier élan pour commencer une journée, avoir un max de probabilités qu’a chaque nouvelle journée, on va avancer dans le travail, ou alors encore déculpabiliser quand il y a une journée « sans » alors que j’avais tout le temps de me baigner dans mon histoire…

      Pour terminer, ce qui est parfois difficile pour moi dans le fait d’écrire un scénario, c’est de décrocher de l’histoire quand on arrête d’écrire en fin de journée. J’ai l’impression bizarre d’être déconnecté complètement si je vois des amis juste après, bref en revenant à la réalité, et ça peut paraître désagréable pour eux, tant je ne les calcule pas vraiment, pendant presque une heure !!

      Sans transition…

      Par hasard, si vous avez le temps de me répondre, je vais suivre une formation AFDAS au CEFPF en aout sur l’écriture de scénario avec Jean-Marie Roth comme principal intervenant ; je suis enthousiaste de pouvoir enfin suivre une formation là-dessus, après des mois à travailler et apprendre seul, mais ma seule crainte est de tomber dans un stage pas terrible.

      D’où ma question : connaissez-vous le CEFPF et Jean-Marie Roth ? et si oui, quels échos en avez-vous ?

      Merci d’avance pour toute réponse !!

      Au plaisir de continuer à vous lire

      GH

      • Zem (auteur)

        Bonjour Gilles et merci pour ton commentaire, très enrichissant !

        Je ne connais pas le CEFPF mais je connais Jean-Marie Roth : j’ai suivi sa méthode sur un stage de deux jours qui m’a donné bien des clés pour l’écriture du long métrage !

        C’était le contenu de son livre mais expliqué de vive voix. J’ai d’ailleurs parlé du livre ici : http://www.lescineastes.fr/2009/09/scenario-lectures-indispensables/

        Je te conseille donc cette formation, JM Roth est un très bon pédagogue, avec de l’humour et des exemples universels.

        N’hésite pas à revenir nous parler de cette formation quand tu l’auras terminée !

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