Cinéma et sociologie

[ 25 mar 2010 | 2 Commentaires | Dans les catégories: Analyses, Par Mg ]

L’actualité récente du cinéma nous a appris que le box office était en progression (le prix de la place surtout, pas forcément le nombre d’entrées), qu’on allait voir tout en trois dimensions, et surtout qu’il ne fallait pas apporter son sandwich dans une salle UGC.

Existant depuis une belle centaine d’années, le cinéma est plutôt récent par rapport aux autres formes d’art, mais n’est pas le dernier en date. Et pourtant, il a su conserver son propre canal d’expression face à la montée en puissance de la télévision ou Internet. Les plus jeunes d’entre nous n’ont pas connu l’époque (pas si ancienne) où l’on ne surfait pas 24/24…

Aller au cinéma, c’est donc une démarche unique. Un effort à faire, une vraie action qui s’oppose en quelque sorte à la passivité de son canapé et du zapping télévisé. Aller au cinéma, c’est bien faire un choix. Le choix d’une salle, le choix d’un film, d’une séance. Mais au-delà de son envie, c’est aussi une expérience sociale. La salle de cinéma, de 50 à 5000 places, vous positionne au milieu d’un groupe d’inconnus venus pour les mêmes raisons, ou presque, assister à une séance en particulier. On limite là l’expérimentation sociale pour ce qui est devenu une pratique culturelle, et une pratique économique. On s’est habitué à un art populaire, qui faisait réagir beaucoup plus intensément le spectateur aux origines, pour n’y voir désormais qu’un loisir.

Un loisir magnifique certes, qui reste unique. Le cinéma a su s’adapter sans perdre en succès face à la fameuse chronologie des médias. Si la vie d’un film ne se termine pas sur grand écran, le vrai cinéphile saura que voir ou le découvrir (encore que selon la qualité initiale du film…) sur une télévision ou un ordinateur ne donnera pas la même impression. Et c’est sans doute là la force de ce 7ème Art encore en train d’acquérir ses lettres de noblesse, et aujourd’hui supposément en danger face au piratage. Si l’on peut craindre une légère érosion économique, la preuve en est que le cinéma attirera toujours des spectateurs, et conservera sa place malgré l’évolution des technologies. Difficile de voir avec le même plaisir « Avatar » sur petit écran, ou même un vrai film d’auteur aux qualités artistiques indéniables. Le grand écran reste la destination première de ceux qui font des films, et aller au cinéma une expérience sociale première, et partagée.

Dès lors, il s’agit d’en accepter les conséquences. Il reste ennuyeux de supporter son voisin et son kilo de pop corn, ou les babillages d’un groupe en plein milieu de l’histoire, mais c’est là le prix à payer pour vivre pleinement une séance. Un conseil ? Si vous le pouvez, évitez donc les jours de sortie, et les soirs de weekend. Vous pourrez ainsi avoir un peu de calme.

Pour le reste, si vous décidez d’amener quelques sucreries de l’extérieur, restez discrets.

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2 commentaires »

  • Foxart

    Les matinées sont parfaites si l’on veux du calme, même le week end… et surtout en province…

    Quand aux circuits Art et Essai… on est au moins sûr d’éviter les Pop corns…
    Quoique… les cinés Art et Essai lillois commencent à s’y mettre aussi !

    Honte sur eux…

    Mais le pire fléau des salles de cinéma: le téléphone portable !

    • Aineka

      Mardi soir à 22h, je suis allé voir « bad lieutenant » d’Abel Ferrara, celui de 1992. je ne l’avais jamais vu, Il fait partI de ces films que je voulais voir au cinéma. La salle etait presque pleine de passionné silencieux venant decouvrir ou redécouvrir ce superbe film noir. Un beau moment de cinéma.

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