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Le court du mardi : 9 de Shane Acker

==== Fiche du Court métrage ==== Nom : 9 – nine Date de sortie : 21 avril 2005 Genre : Animation 3D Réalisateur : Shane Acker Durée :10′36 Synopsis : 9 est une poupée qui est la dernière de son espèce. Elle vit dans des ruines d’un monde parallèle et est chassé par un monstre mécanique...

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Meilleure image = meilleur film ?

Ecrit par Aineka | Dans les catégories Analyses, Par Aineka | Publié le 27-02-2010

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Récemment, j’ai été surpris par la remarque d’une personne avec qui  je parlais de cinéma.

Jeune inconnu : Il faut bien admettre qu’il y a une vraie différence entre le cinéma américain et le cinéma français. Je veux dire, ne serait-ce par le traitement de l’image. Les films français sont dégueulasses, et les films américains ils ont de la gueule. C’est pour ça que je préfère les films américains. Non, et toi ?

Sur le coup je n’a pas su quoi répondre. Pas que je n’ai pas de préférence, même si j’ai tendance à défendre davantage le cinéma français. Je crois que je le défends de la même manière qu’un animal pourrai défendre son territoire. Mais aussi parce que je le considère plus en danger, en danger face à des gens comme ce jeune inconnu pour qui l’esthétisme est synonyme de qualité de cinéma.

Je ne lui ai donc rien trouvé d’intelligent à dire sur le coup, mais sa remarque m’a marqué. Elle a soulevé pour moi une vraie problématique :  pourquoi le public perçoit une telle différence sur une image qui est vraisemblablement filmée par le même appareil ? Le matériel, le type de caméra est sans doute le même utilisé de chaque coté de l’Atlantique. Pourtant, la plupart des gens s’accordent à dire que les images américaines sont plus belles. Pourquoi ?

Deux cultures de Cinéma

Je pense, pour défendre le cinéma qui m’est cher, que ces deux cinémas ont deux approches différentes de l’image et de ce média en particulier. Aux Etats-Unis, le cinéma contribue souvent à faire rêver le spectateur, à l’éloigner de la réalité. « Bigger than Life » comme dit l’expression. De fait que même lorsqu’un film veut être réaliste, les acteurs sont maquillés, la lumière toujours très travaillée.

L’acteur Gaspard Ulliel, après sont expérience américaine sur Hannibal expliquait qu’il était surpris de voir les acteurs jouer autant avec la caméra. C’est-à-dire adapter leur jeu en fonction du cadrage et qu’ils cherchaient à prendre la lumière… En France la culture du jeu est plutôt inversée : les acteurs cherchent à laisser la caméra capturer leur jeu, leur vérité. Les acteurs sont bien moins maquillés et les lumières artificielles plus rares. Ces différences, même filmées par la même caméra, donnent deux images distinctes.

En cette période de remises de prix, vous pourrez constater une différence qui, à mon sens, est culturelle dans la conception des films. Il existe les Oscars et les Bafta (Oscars britanniques) pour les catégories de meilleurs maquillages et meilleurs effets visuels.

De même qu’il y a un Oscar destiné aux films d’animation. Mais il faut dire que pour beaucoup, en France l’animation ne fait pas partie du cinéma et pour cause elle n’est pas enseignée dans les écoles de cinéma. L’animation s’enseigne surtout dans les écoles d’infographie.

Honnêtement, même si je défends le cinéma français et pense que les images ne sont pas vraiment plus belle là-bas qu’ici, je trouve qu’il y a un vrai retard culturel quant à de nombreux métiers du cinéma (maquillage, effets visuels et animation).

Avant d’ajouter un César de la comédie ou du box office, M. Alain Terzian, président de l’académie des Césars, rétablissez la place de corps de métiers nécessaires au cinéma d’aujourd’hui.

Commentaires (8)

Je réagis à ton article, parce que l’idée m’est souvent venue sur pas mal de posts, mais pour une fois je me sens particulièrement concernée, venant du monde de l’animation 3D et donc de l’image, plus que du cinéma (étant cinéphile malgré tout, comme on peut).

Quand on bosse là dedans, il est vraiment difficile de faire le « tri » entre la qualité de l’image et le film en lui même, parce qu’on a malgré soi l’oeil sur les détails esthétiques, même quand on aimerait bien s’en affranchir.

Mon exemple le plus frappant récemment est l’Imaginarium du Docteur Parnassus, dont j’ai adoré l’histoire, la mise en scène, mais dont l’inégalité de la qualité des images de synthèses m’ont malgré moi fait sortir totalement du film par moment. C’est tout de même assez triste de se faire sortir du film parce que des défauts « techniques », souvent de l’ordre du budget et rien d’autre, viennent pécher au détriment de l’imaginaire du réalisateur et de sa volonté esthétique.

Alors que oui, le cinéma français privilégie souvent la qualité de l’acteur, au détriment parfois, et pas toujours, de la qualité esthétique de l’image. Et personnellement, je préfère cela. Le cinéma américain sonne souvent trop faux. Mais pas toujours, et je ne pense pas que le juste milieu soit inaccessible pour le cinéma français, alors pourquoi ?

Pour ce qui est est du César du cinéma d’animation, il me semble tout à fait légitime. Vous me direz, je travaille là dedans, je suis vendue, je défends mon pain. Mais non. Il suffit de voir un film de Pixar (et oui je parle de film) pour être convaincu que l’on parle de cinéma, non ? Les scénarios sont tout à fait valables, et suivent le même schéma que n’importe quel film tourné en « live ». Bien sûr, il y a des navets, gratuits, basant tout sur l’esthétique souvent discutables de leur image de synthèse. Mais combien de films le font ? La bande dessinée a fini par obtenir son statut d’ « Art », pourquoi pas le cinéma d’animation, qui n’est finalement qu’un moyen d’exprimer une idée, et non une fin.

Au final, on en arrivera tous à la même conclusion : ce n’est pas la forme qui fait un film, mais son fond. Ou alors, on accepte la gratuité d’un scénario, au regard de l’esthétique du film. Des fois par chance et par talent, les deux se combinent pour arriver à un chef d’oeuvre. Mais si le cinéma français avait des budgets illimités, la production en serait elle meilleure ? J’en doute. Certains films pâtissent des budgets limités, mais la majorité se fait sans souffrir de ce défaut. Je pense donc, à mon humble avis, que l’argent ne fait pas tout (conclusion facile, j’en conviens) mais qu’il est vrai que valoriser les métiers du maquillage, des effets spéciaux, pourrait parfois permettre à certains films de rivaliser avec les grandes productions américaines, sans pourtant tomber dans une soupe artificielle trop souvent vue sur nos écrans.

A croire que nos réflexions sur l’image et les métiers de l’images sont dans l’air du temps.
Je viens de découvrir que le 17 février dernier, la SACD avait posé une pétition pour réclamer un César pour la catégorie de l’animation.
Cf le lien:
http://www.sacd.fr/Un-cesar-pour-l-animation.1513.0.html

Un jour, pendant mes études d’art appliqué, une prof m’a dit quelque chose qui m’a profondémant marqué: »un travail médiocre bien présenté sera toujours mieux payé qu’un exellent travail mal présenté ».
Ce qui à l’époque m’avait parru être stupide, c’est averé être en fait une vérité absolut et ce quelque que soit le domaine. Qui n’a jamais préféré acheter tel boisson parce que la bouteille était plus jolie… Personnelement je choisis mon quotidien en fonction de la mise en page ou encore pas plus tard que la semaine dernière j’ai du me faite violence pour ne pas acheter le ukulele que je trouvais le plus joli mais plutôt celui qui sonnait le mieux ! Et tout cela et bien entendu valable pour le cinéma. C’est pour ça que je préfère mater un film de David Lynch à n’importe quel film (d’auteur) français. Quitte à ne rien comprendre autant que se soit beau !

Alors non une belle image ne rend pas un film meilleur (la pluspart d’entre nous sommes des gens sensés du moins j’aime à le croire) mais elle contribut largement à rendre un film plus attractif.

Ma réponse va peut-être paraître superficielle, mais oui, une meilleure image donne un meilleur film, ou du moins un film par lequel on se laisse emporter plus facilement, du moins la plupart du temps.

Plaçons nous un instant du côté des séries : Les Experts vs Julie Lescaut. La première chose qui choque c’est l’image : une fois qu’on a goûté à la qualité des images d’une série américaine, il est très difficile de revenir vers une série française. Alors oui, me direz-vous, je prends Julie Lescaut en exemple. Mais la qualité de l’image est ce que nous remarquons en premier (pas l’absence de scénario, les dialogues faux, et les mauvais acteurs).

Revenons en au cinéma. Je suis totalement d’accord avec ceux qui pensent que les images américaines sont plus « belles » que les images françaises. Le travail dessus est totalement différent; comme il est dit dans l’article les images françaises sont plus proches de la réalité, et ne nous voilons pas la face nous n’allons pas au cinéma pour voir la réalité, nous y allons pour voir la vision qu’a un réalisateur d’une certaine réalité, qu’elle soit celle que nous connaissons ou non. A partir de ce constat : pas de travail sur l’image = pas de vision du réalisateur.

Pourquoi une telle différence entre les US et la France ? Les US ont une vraie culture de l’image, de ce qui est clinquant, tape à l’oeil, culture que nous n’avons pas encore. Cette culture peut déplaire à certains (cf la remarque sur les effets spéciaux) mais personnellement je « sors » beaucoup moins des films pour des raisons d’effets spéciaux too much/too fake que pour un dialogue qui sonne faux dans une pseudo-réalité à la française.

Rassurons-nous cependant, ce n’est pas une question de technique que nous n’avons pas : je pense à « Ne le dis à personne », aux films de Jeunet, les OSS 117 ou encore aux films de Christophe Honoré. Tous, dans des styles différents, ont une vraie personnalité dans l’image.

En bref, ce n’est que mon avis de spectatrice, mais une image plus travaillée dans les films français serait sans doute un plus appréciable.

Un grand merci à l’ami Aineka pour cet artcile qui me parle énormément.
Le débat qu’il lance est au coeur de ce que j’appel le « syndrome du cinéma français » et vu la longueur des commentaires les gens se sentent concernés.
Comme le signale Galathys, quelques réalisateurs français sortent leurs jeux du lot avec de vrai produits travaillés techniquement. Le climat globale reste pourtant à la médiocrité des moyens, le manque d’ambition de réalisation et l’absence de créativité.
Faut quand même savoir qu’un simple épisode des « Experts » outre atlantique est filmé en Panavision 35mm. Pour les non connaisseurs, c’est plus ou moins ce qui se fait de mieux en therme d’image.
Ce n’est pas non plus en france que l’idée viendrais à un producteur de subventionner un film dans lequel des plans sont filmés à l’aide de 120 reflex numériques alignés qui shootent à un rythme de 1000 images secondes. (Matrix)
Si un film sur l’haxagone est filmé avec du Full HD et la lumière faite avec 3 Kino Flo ce sera déjà un must!
Complètement d’accord avec Yougly, un travail bien présenté aura toujours plus de crédit. Et c’est encore plus vrai dans le cinéma qui est je le rappel un art visuel avant tout.
Justifier la médiocrité des images par l’envie d’avoir un rendu « réel » c’est à mon avis cacher un tout simple manque de talent…
On ne paye pas non plus 10euros sa place pour aller voir Germaine qui a des problèmes sentimentaux avec le boulanger de Tourcoin.

completement d accord avec le post precedent.

la prod audiovisuelle francaise a trop souvent une image terne et sans recherche (et on peut faire « realiste » sans faire moche)

y a surement un mix entre manque de talent et manque de moyens seulement voila, y a un moment faut savoir se lancer:

les USA n hesitent pas a filmer en pana 35 parce qu ils savent qu ils vont recuperer le blé que ca coute en vendant partout dans le monde.
Pourquoi ils le savent? Parce qu ils se donnent les moyens de plaire et donc d exporter partout dans le monde

Si les francais attendent de se faire du fric en exportant Julie Lescault pour ensuite avoir les moyens de faire du grandiose, ils sont pas prés d y arriver.

C est pareil que pour Avatar. Oui ils ont investi 500 millions , mais ils en ont fait qqchose qui ne pouvait qu attirer les foules et exploser le compteur.
Nous en face on joue petit bras par peur de se manger des rateaux et perdre l ‘argent investi. Au fond on sait trés bien qu on fait des trucs pas toujours trés vendeurs..

La France ne manque pas d argent, ou de « budget » pour faire comme les USA, elle manque du talent et surtout de l ambition qui donneraient confiance aux banquiers qui pretent les budgets

Merci à tout pour vos commentaires si riches en opinions argumenté.
Pour en revenir à la place de certains métier du cinéma mis à l’écart dans le cinéma français, je pense au discours de Riad Sattouf lors de la cérémonie des Césars de cette année.
L’auteur de bande dessiné a reçu le César de la meilleur première oeuvre pour son film « les beaux gosses ». Il a tenu à remercier dans son discours un de ses professeurs de cinéma à l’école des Gobelins. Preuve en est que l’animation et le dessin sont des viviers de cinéma à part entière.
Nous avons déjà parlé de la contribution de l’animation suite au documentaire Générikart.

Ce débat revient sans cesse.

Perso, je suis directeur de la photographie, c’est à dire que je suis responsable des images et du rendu qu’elles ont. Donc, je me sens très concerné par ce sujet.

J’ai assisté il y a une dizaine de jours à un workshop avec Michael Ballhaus (ASC), directeur de la photographie de Scorsese, entre nombreux autres. Il a travaillé sur les plus grands films de ces dernières années aux USA.
Et vous savez quoi ? Ses références viennent toutes ou presque du cinéma Français de la nouvelle vague. Comme ici, quoi ! Tarantino ne jure que par JL Godard.
On a la même culture ! Incroyable. Sauf que nous, on est resté coincés dedans, enlisés, emboués jusqu’au cou.

Après, il y a l’argument des moyens mis en oeuvre. Alors là, pas de bol parce que j’ai un comparatif de budget entre un épisode d’URGENCES: 2 millions d’Euros; et un épisode de JULIE LESCAUT: 2,3 millions d’Euros. AÏe, ça coince, et pas dans le bon sens.

Les moyens sont les mêmes au final. Comparer de façon frontale les budgets biaise l’exercice. Là bas, une star coûte parfois plus de 20 millions de Dollars. Ici, c’est un gros budget pour un film entier.

Le souci, je vais vous le dire: le cinéma Français est bloqué sur le mode « art » par et pour une élite, dont les mécanismes de financement publics sont trustés par les mêmes personnes.
Pour rejoindre Yougly, il ne faut pas forcément faire un bon film pour toucher de l’argent du CNC (organisme de financement du cinéma), il faut connaître les personnes qui y siègent. Je sais, ça sent un côté aigri, mais rassurez vous, ce n’est que la stricte vérité, et la profession – hormis ceux qui vivent sur les fonds de soutien automatiques et autres – s’en offusque de plus en plus.

Bref, pour revenir à notre sujet de départ, comme le Cinéma Français est un art et non une industrie, il est de bon ton de rester bloqués dans une esthétique où la lumière ne doit surtout pas raconter et appuyer un quelconque propos. Elle se doit d’être invisible.

Aux US (et dans beaucoup d’autres pays), le côté buziness fait qu’on engage des directeurs photos (et autres chefs de poste) à prix d’or et qu’on veut en avoir pour son argent.
Résultat, ces techniciens se forgent une maitrise dans leur art et collent au mieux à la narration. Ce qui fait que leur image est plus « belle » (à ce prix là, c’est le minimum), mais que tout semble mieux fonctionner.

C’est avant tout d’une forte volonté politique, puis des producteurs; que viendra le salut de notre cinéma.
Gardons notre spécificité, mais travaillons et remettons en cause notre travail sans cesse. Nous avons notre place, les Américains auraient bien été incapables d’écrire Amélie Poulain (et ils n’ont pas fait de remake d’ailleurs) et bien d’autres films.
Le fait de considérer cet art comme une industrie n’en dénaturera pas son essence, contrairement à ce qu’on nous dit, mais nous poussera à toujours plus de qualité et de rigueur artistique.

Pour terminer, parce que Gad va venir sinon ;-), aucun spectateur ne connait les budgets des séries, par exemple. On n’est pas accros à 24, House, Battlestar et autres parce qu’on en connaît le coût, mais parce que, avant tout, c’est très bien écrit. Et là, force est de constater qu’on a les mêmes feuilles et les mêmes stylos.

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