
Tous les mercredis et ce pendant cinq semaines, nous allons découvrir ensemble ces hommes et femmes prêts à tout pour l’argent, l’amour ou la notoriété: nous allons parler des films de gangsters ! Que ce soit les œuvres cultes ou les films moins connus mais qui méritent toute votre attention. Et c’est avec un poids lourd qu’on ouvre le bal.
Le Parrain de Francis Ford Coppola avec Marlon Brando, Al Pacino, James Caan (1972)
L’exemple du film de gangsters par excellence, Le Parrain est avant tout l’histoire d’une famille, les Corleone. La succession de Don Vito Corleone (magistralement joué par Marlon Brando), devient le centre d’un enjeu dangereux et violent. Que ce soit à travers ses répliques, ses scènes cultes, ou la puissance du jeu d’acteur, c’est le film qui vient à l’esprit lorsqu’on parle du genre. On retient particulièrement la mise en scène qui dégage une atmosphère très forte, la prestation révélatrice d’Al Pacino, mais aussi la musique mythique de Nino Rota, qui restera dans la tête des spectateurs pendant plusieurs générations.
Paradoxalement, le tournage a été animé par une longue suite de querelles entre le réalisateur, Francis Ford Coppola, et la production, la Paramount. Cette dernière était en désaccord total avec les choix artistiques de Coppola, menacé à plusieurs reprises d’être renvoyé. Donc s’il avait abandonné, on aurait eu un film qui se déroulerait dans les années 70 plutôt que 40, et d’autres acteurs auraient remplacé Marlon Brando et le peu connu Al Pacino, qui était à l’époque un pari risqué. L’un des meilleurs films de l’histoire du cinéma reste le plus mauvais souvenir du réalisateur. Curieux.
J’avais lu le livre de Mario Puzo avant de voir le film. J’ai été très agréablement surpris de voir que les personnages que j’avais imaginé sont si bien retranscris à l’écran. Coppola et Puzo (au scénario) ont su rester fidèles à l’œuvre originale, et c’est l’une des grandes forces du film. C’est aussi avec ce film que mon fanatisme démesuré pour Al Pacino a germé. Sa transformation à travers l’histoire est une véritable leçon de jeu d’acteur selon moi, et il restera la référence en la matière, même si je n’oublie pas la prestation de Marlon Brando.
Que ceux qui ne l’ont pas vu lèvent (timidement) le doigt !
Les Affranchis de Martin Scorsese avec Ray Liotta, Robert de Niro et Joe Pesci (1990)
« Je veux faire un film dont la violence est réelle ». C’est avec ces paroles que Martin Scorsese à débuté le tournage des Affranchis, en compagnie de Ray Liotta, Robert de Niro (sa muse) et Joe Pesci. Cette histoire vraie raconte celle d’un gang, ses dérives, sa montée en puissance mais aussi sa déchéance, avec toute la cruauté qu’elle peut engendrer. Rythmé par la voix off de Liotta, on suit son parcours, en partant de sa fascination pour le milieu dès son plus jeune âge, jusqu’aux portes de la gloire.
A travers son film, Scorsese a eu pour vocation de montrer le monstre qui se cache derrière le sourire charmeur et le costard chic que portent les gangsters. Il a réussi à susciter la jalousie, la fascination pour ses personnages, jusqu’à les porter vers un climax inoubliable. Avec son récit, c’est aussi l’histoire de New York qu’il raconte, comme il le fait avec la plupart de ses films. On retient les tons, les ambiances, les couleurs qui caractérisent cette ville qui est si chère au réalisateur.
Ce film a été une grande source d’inspiration dans ce que j’ai pu écrire ou tourner. Le réalisme atteint un nouveau stade avec ce film, et voir qu’on pouvait retranscrire cette énergie m’a bluffé. La richesse des dialogues m’ont permis de comprendre l’importance de ces derniers dans l’écriture.
Romanzo Criminale de Michel Placido avec Kim Rossi Stuart, Anna Mouglalis (2006)
Petit bijou du cinéma italien et bien plus récent que ses prédécesseurs, Romanzo Criminale raconte l’histoire de quatre petites frappes qui se trouvent pendant leur enfance et qui ne se quittent plus. Amour, argent et pouvoir viennent au centre d’un enjeu qui verra ces hommes se déchirer durant la période des Brigades Rouges, pendant les années 70. Véritable romance historique, on est imprégné par la peur qui domine le pays à l’époque, et on est happé par les moments dramatiques et violents qui prennent part au film. Très rythmé et avec des effets plutôt réussi, et une Anna plus sexy que jamais, on croise le chemin de ces hommes qui ont chacun leurs principes, leurs objectifs, et leur détermination, poursuivis par un inspecteur des plus charismatiques.
Ce qui m’a le plus charmé dans ce film, c’est le côté esthétique prononcé du film. Le charisme de ses personnages, sa retranscription de l’époque et le mélodrame omniprésent m’ont poussé à vous parler de ce film. Bien qu’un peu cliché, mais tout aussi attirant, ces personnages représentent pour moi une bonne source d’inspiration, car leurs volontés dépassent leurs limites, et j’aime retrouver ça dans un personnage.
Un film qui mérite votre intérêt. Vous connaissez ?
A mercredi prochain pour d’autres perles du genre !