Meilleure image = meilleur film ?
Ecrit par Aineka | Dans les catégories Analyses, Par Aineka | Ecrit le 27-02-2010
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Récemment, j’ai été surpris par la remarque d’une personne avec qui je parlais de cinéma.
Jeune inconnu : Il faut bien admettre qu’il y a une vraie différence entre le cinéma américain et le cinéma français. Je veux dire, ne serait-ce par le traitement de l’image. Les films français sont dégueulasses, et les films américains ils ont de la gueule. C’est pour ça que je préfère les films américains. Non, et toi ?
Sur le coup je n’a pas su quoi répondre. Pas que je n’ai pas de préférence, même si j’ai tendance à défendre davantage le cinéma français. Je crois que je le défends de la même manière qu’un animal pourrai défendre son territoire. Mais aussi parce que je le considère plus en danger, en danger face à des gens comme ce jeune inconnu pour qui l’esthétisme est synonyme de qualité de cinéma.
Je ne lui ai donc rien trouvé d’intelligent à dire sur le coup, mais sa remarque m’a marqué. Elle a soulevé pour moi une vraie problématique : pourquoi le public perçoit une telle différence sur une image qui est vraisemblablement filmée par le même appareil ? Le matériel, le type de caméra est sans doute le même utilisé de chaque coté de l’Atlantique. Pourtant, la plupart des gens s’accordent à dire que les images américaines sont plus belles. Pourquoi ?
Deux cultures de Cinéma
Je pense, pour défendre le cinéma qui m’est cher, que ces deux cinémas ont deux approches différentes de l’image et de ce média en particulier. Aux Etats-Unis, le cinéma contribue souvent à faire rêver le spectateur, à l’éloigner de la réalité. « Bigger than Life » comme dit l’expression. De fait que même lorsqu’un film veut être réaliste, les acteurs sont maquillés, la lumière toujours très travaillée.
L’acteur Gaspard Ulliel, après sont expérience américaine sur Hannibal expliquait qu’il était surpris de voir les acteurs jouer autant avec la caméra. C’est-à-dire adapter leur jeu en fonction du cadrage et qu’ils cherchaient à prendre la lumière… En France la culture du jeu est plutôt inversée : les acteurs cherchent à laisser la caméra capturer leur jeu, leur vérité. Les acteurs sont bien moins maquillés et les lumières artificielles plus rares. Ces différences, même filmées par la même caméra, donnent deux images distinctes.
En cette période de remises de prix, vous pourrez constater une différence qui, à mon sens, est culturelle dans la conception des films. Il existe les Oscars et les Bafta (Oscars britanniques) pour les catégories de meilleurs maquillages et meilleurs effets visuels.
De même qu’il y a un Oscar destiné aux films d’animation. Mais il faut dire que pour beaucoup, en France l’animation ne fait pas partie du cinéma et pour cause elle n’est pas enseignée dans les écoles de cinéma. L’animation s’enseigne surtout dans les écoles d’infographie.
Honnêtement, même si je défends le cinéma français et pense que les images ne sont pas vraiment plus belle là-bas qu’ici, je trouve qu’il y a un vrai retard culturel quant à de nombreux métiers du cinéma (maquillage, effets visuels et animation).
Avant d’ajouter un César de la comédie ou du box office, M. Alain Terzian, président de l’académie des Césars, rétablissez la place de corps de métiers nécessaires au cinéma d’aujourd’hui.











Je travaille actuellement dans un cinéma d’Art & Essai de 3 salles où je suis projectionniste polyvalent, c’est-à-dire qu’en plus de la projection, je fais la caisse et le ménage dans les salles.
En 4 ans, j’ai vu qu’on attend toujours les films qui vont générer le plus de chiffre d’affaire, on ne parle pas d’Art dans les cinéma mais bien de chiffre d’affaire. Donc en thermes de CA, le cinéma se porte pas trop mal. Avec la crise, les gens vont plus au cinéma, principalement pour voir des comédies. Les chiffres par rapport aux années précédentes sont en évolution. Pour moi, au niveau artistique, cette année a été assez mauvaise. Entre les nombreux remakes américains, les suites, les films français qui racontent toujours les mêmes histoires, l’année est particulièrement triste. Même la 3D est encore pauvre en scénar digne de ce nom (interview réalisée avant la sortie d’Avatar ;) n.d.a). Je me tourne de plus en plus vers le cinéma indépendant ou des surprises peuvent pointer leurs nez à tout moment.
Il est situé au bord du Rhône dans un bâtiment abritant les éditions Actes Sud, les librairies Actes Sud, un restaurant marocain ainsi qu’un hammam. C’est un petit cinéma de quartier indépendant. Nous avons 3 petites salles de 99, 67 et 65 places. La plus grande salle est équipée d’un projecteur numérique (il y a un an maintenant ; plus petit projecteur numérique d’Europe à l’époque) et les 3 projecteurs 35mm sont des Victoria 5. Le blog du cinéma : 