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L’Hebdo Cinéma sur Canal +: au secours!

Ça faisait un moment que j’étais pas tombé sur l’Hebdo Cinéma sur Canal + (depuis Daphné Roulier en fait), et comme je me suis miraculeusement levé avant midi aujourd’hui, je me suis dit « allez, on va regarder ça ». Erreur. Une émission sur le cinéma...

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Mademoiselle Chambon, « A coeur ouvert »

Ecrit par Aineka | Dans les catégories Critiques de film, Jeu d'acteur, Par Aineka | Ecrit le 09-11-2009

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J’ai adoré ce film.

Mademoiselle ChambonL’histoire est très simple, filmée sans artifices. Un film tout en modestie où j’ai passé 1h40 face à 2 acteurs de grande générosité. Les scènes sont très bien écrites et donnent l’impression que beaucoup de place a été laissée aux interprètes dans l’écriture des dialogues. La manière dont les personnages s’expriment ne ressemblent pas à de l’écriture mais à du ressenti. Ce que je veux dire par là, c’est qu’en voyant le film, j’avais la très nette impression que les acteurs n’avaient pas de textes précis à réciter. Il semble que le réalisateur leur ait donné la situation : Jean va chercher son fils à l’école, Mlle Chambon en profite pour lui parler de son problème de fenêtre, Jean lui propose de l’aider. Le reste est à la charge de l’acteur.

Souvent les scénaristes peu à l’aise avec les dialogues utilisent des tournures de phrases déjà vu ou qui sentent « le stylo ». Ici, il semblerait qu’ils aient laissé cette tâche aux acteurs. D’ailleurs Sandrine Kiberlain parle du tournage dans une interview accordé aux lecteurs de Studio Ciné-Live d’Octobre.

A propos de la scène du baiser, elle dit:

On l’a tournée en une seule prise. Stéphane nous donnait des indications, du genre: « Sandrine, tu mets la musique. Puis tu t’assois sur le canapé. » Pour le reste il nous a laissés libres. La force du film c’est qu’on s’attend à bon nombres de scènes, mais qu’on ignore complètement comment elles vont se dérouler. Ici, par exemple, le spectateur ne sait pas du tout de quelle manière vont s’embrasser Jean et Véronique. On ressent leur confusion, leur gêne. Compte tenu des circonstances, ils ne peuvent pas profiter de ce moment de sérénité. Ce trouble rend la scène d’autant plus poignante.

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Il semble donc que les acteurs se trouvaient dans cette position de créativité face aux personnages, cela explique peut être qu’ils jouent à cœur ouvert. C’est pour moi l’élément crucial de ce film et la formule « A cœur ouvert » me semble appropriée pour définir la générosité dont font part les acteurs. La complicité entre Sandrine Kiberlain et Vincent Lindon est évidente et d’une grande intensité à l’image. Voilà une chose que les ordinateurs ne sont pas prêts de simuler. La générosité est difficile à expliquer avec de simples mots, si métaphysique, souvent rare chez beaucoup d’acteurs et pourtant indispensable à la justesse des émotions. Dans une autre interview de Sandrine Kiberlain, elle parle de ses partenaires de jeu en disant: « C’est important les partenaires, ils font de vous une meilleure actrice aussi. (…) Quand je vous dis qu’il y en a qui magnifient les partenaires, en l’occurrence j’adore jouer avec Vincent. »

Après l’investissement et l’écoute, la générosité est un des éléments du jeu d’acteur qui ne s’apprennent pas vraiment en cours de théâtre.

lindonParce qu’ils étaient généreux, cela a permis à mon cœur de s’ouvrir aux leurs et donc d’être épris et tourmenté tout comme leurs personnages. Je ne crois pas que ce soit la mise en scène qui en soit responsable même si elle est parfois merveilleuse. La scène où Jean ramène Mlle Chambon chez elle et qu’ils pleurent à intervalles différents… Ceux-ci sont joliment mis en valeur par de judicieux panots (mouvement panoramique de la caméra). Cette scène seule ferait taire n’importe quel acteur ne croyant exister seulement par le texte.

Ce n’est plus un article mais un déclaration d’amour que j’ai attribué à Mlle Chambon.

Parce qu’elle m’a ramené à ce qui me passionne au cinéma : vivre et ressentir les émotions des personnages. Voilà une des raisons qui m’ont donné envie de devenir acteur.

Si vous avez envie d’aller voir le film, ne regardez pas la bande annonce, elle est particulièrement mauvaise.

Scénario: les lectures indispensables

Ecrit par Zem | Dans les catégories A voir, par Zem, Écriture | Ecrit le 14-09-2009

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J’entends souvent autour de moi des personnes qui veulent se lancer dans l’écriture de scénarios mais qui ne savent pas comment s’y prendre.

On peut entendre tellement de choses différentes et il existe un tel nombre de livres traitant du sujet qu’il est facile de se perdre.

Personnellement, seuls deux livres m’ont suffi pour l’instant. Les voici:

- Savoir rédiger et présenter son scénario, par Philippe Perret.SavoirRediger
Un livre simple, très ludique et clair. Une très bonne ouverture sur l’écriture très codifiée du scénario, avec des exemples pour chaque situation et avec humour en plus. Personnellement, je pense que chacun peut trouver sa manière d’écrire avec le temps, mais que pour démarrer, c’est l’idéal. J’y ai très vite trouvé mes repères et ai su maitriser et adopter cette méthode, que je recommande à tout le monde depuis des années (demandez-donc à HusoBey !).

- L’écriture de scénarios, par Jean-Marie Roth.LecritureDeScenarios
J’ai eu la chance de suivre un master class sur l’écriture de long métrage avec Jean-Marie Roth et sa méthode m’a tout de suite parlé. Je cherchai alors à écrire mon premier long métrage mais je ne savais pas par où commencer. En quelques heures de cours et la lecture de son livre plus tard, je n’avais plus aucune excuse: j’avais tout ! Et je m’y suis mis grâce à cela. Un méthode très facile à comprendre, car très bien expliquée, et encore une fois avec humour. En plus d’être bon théoricien, Jean-Marie Roth est bon pédagogue et cela se ressent à la lecture de son livre. Une très bonne méthode !

Il existe une pléthore de livres consacrés à l’écriture, dont les connus Story de Robert McKee et La dramaturgie : Les mécanismes du récit de Yves Lavandier, qui eux aussi sont sur ma liste d’attente (et j’ai déjà pris du retard sur Le milieu n’est plus un pont mais une faille
dont je vous parlais récemment…).

Avez-vous lu ces livres ? Quelles autres lectures intéressantes conseillez-vous ?

Musique contre page blanche

Ecrit par HusoBey | Dans les catégories par HusoBey, Écriture | Ecrit le 12-08-2009

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mercandede800Tous ceux qui écrivent ont une source d’inspiration qui leur est propre, une méthode de travail unique. Et il est toujours intéressant de voir comment les autres procèdent.

Pour ma part, la musique a toujours eu un rôle prédominant dans ce que j’ai pu écrire. Peut-être parce que je n’ai jamais joué d’un instrument (d’où la fascination), ou pour l’engouement prononcé pour les musiques de films et instrumentaux.

En repensant aux scénarii que j’ai écrits, une musique revient souvent, qui est à l’origine de l’idée, et qui y colle même son rythme pour certaines séquences. Elle donne le ton à l’histoire, les couleurs à l’ambiance. Le fait d’avoir un casque sur les oreilles lors de l’écriture ne doit pas y être anodin. A contrario de certains amis qui donnent une place importante à la musique dans leur histoire, elle reste souvent à l’ombre dans mon travail, en donnant un visage à l’histoire, mais tout en restant subtile.

Pour le scénario que j’écris en ce moment, j’écoute beaucoup l’excellent compositeur Mercan Dede ou le trompettiste Ibrahim Maalouf. A entendre leurs sonorités, vous pourrez peut-être vous faire une idée sur l’ambiance que je recherche pour mon histoire.

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Je ne sais pas si c’est une bonne méthode d’inspiration, d’ailleurs je ne sais pas si on peut parler de « bonne » méthode, ou de méthode universelle. L’important c’est que la page blanche disparaisse à travers elle. Le reste, on s’en fout un peu.

Et vous, qu’est-ce qui vous inspire ?

How I Met Your Mother: les scénaristes de demain

Ecrit par Zem | Dans les catégories Analyses, par Zem, Écriture | Ecrit le 03-08-2009

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Ils s’appellent Carter Bays et Craig Thomas et sont les rois du divertissement de demain.

Leur nom ne vous dit rien ? Ils sont pourtant les créateurs et scénaristes de la meilleure sitcom de ces dernières années: How I Met Your Mother.

HIMYM

Le pitch: en 2030, le personnage principal, Ted Mosby, raconte à ses deux enfants comment il a rencontré leur mère.

Misérablement traduite et doublée en France, vous l’avez peut-être aperçue en VF à la télé et avez vite zappé: c’est normal. La version française est complètement ratée (comme un peu toutes les séries et films vous me direz…). La série a en effet trouvé un écho sur le net, et se refile à coup de disque dur externe et clé USB entre potes ou au boulot, of course en VO.

Mais qu’importe, l’essentiel est de ne pas passer à côté.
Pourquoi ? Parce que c’est une vrai leçon d’écriture, et les deux larrons cités plus haut sont franchement doués pour nous faire tourner en bourrique, nous manipuler et bien sûr nous faire marrer.

http://www.newbiemac.fr/pix/series%20melanie/How%20I%20met%20your%20mother/How%20I%20met%20your%20mother%202.jpg

Avec des épisodes qui n’ont rien à envier aux meilleurs films dans leur construction et leur structure, des saisons (biens qu’inégales) avec running gags addictifs, des éléments clés revenant là où il faut et quand il faut, et des cliffhangers de haute volée, il y a de quoi devenir accro. Les vannes pleuvent, les histoires sont riches et on se surprend à répéter les expressions des personnages (« What uuuup ») au quotidien.

Ce qui m’a frappé avant tout lorsque j’ai découvert cette série, c’est la totale maîtrise de sa narration et sa cohérence dans l’écriture.

Le narrateur vivant en 2030 et racontant la vie qu’il a eue à notre époque, les épisodes sont truffés de flashbacks et flashforwards, et c’est ce qui fait l’originalité et la maîtrise de la série.  Bays & Thomas ont réussi à comprendre leur époque et à se l’approprier, pour finalement la réinventer. Preuve en est, ils distillent au fil des épisodes des  adresses de sites web existant vraiment et créés pour la série. Exemple, le CV vidéo de Barney Stinson (sûrement le personnage de fiction le plus original et riche de ces dernières années à la TV) ou même pour aller encore plus loin, le Bro Code, disponible en librairie (et vraiment très drôle en plus) !

Et la force de How I Met Your Mother, c’est qu’il est question d’histoires. Comptez le nombre d’histoires qu’on nous raconte dans chaque épisode, dans chaque saison: les personnages expliquent sans arrêt ce qui leur est arrivé (à l’aide de flashbacks, donc).

Carter Bays et Craig Thomas sont avant tout des raconteurs d’histoires.

awesomenessOn a tendance à l’oublier lorsqu’on écrit: il ne faut jamais oublier de raconter une histoire. Ca peut paraître idiot, mais bien plus que les personnages ou le concept que vous avez trouvé, c’est votre histoire qui accrochera votre lecteur/spectateur, et je trouve que beaucoup de scénaristes ont tendance à l’oublier ces temps-ci… Le reste c’est du bonus: les personnages, le concept, le style… Et meilleur sera ce bonus, meilleure sera votre histoire.

It’s gonna be legen- wait for it… -dary !

Se brider à l’écriture ?

Ecrit par Zem | Dans les catégories par Zem, Écriture | Ecrit le 22-07-2009

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INT. Vaisseau spatial – NUIT

Il pénètre dans la soute principale, lorsque tout à coup, 157 aliens, tous différents, lui disent, chacun dans une langue différente:

ALIENS
Ton film va te coûter trop cher !

Interloqué, notre héros devient alors rouge, puis vert, puis violet, puis rouge et explose.

EXT. Espace – NUIT

Le gigantesque vaisseau spatial explose dans une tourbillon de flammes et d’étincelles, faisant voler en éclats l’appareil, qui retombe ensuite lentement en direction de la Terre.

EXT. Paris – JOUR

Des morceaux enflammés du vaisseau, de la taille d’un terrain de foot, s’écrasent sur la ville, emportant sur leur passage monuments, parisiens, vélibs et touristes.

Voilà une scène complètement nulle je vous l’accorde, mais qui, si elle était justifiée dans un scénario, coûterait probablement des millions.

Il est, je pense, tout à fait naturel et de bon sens de toujours garder à l’esprit lorsqu’on écrit que ce qui naît sous nos doigts,sera un jour budgetté, préparé, travaillé et tourné. Impossible alors, surtout lorsqu’on est jeune auteur, d’oublier cette responsabilité permanente qui pourra un jour faire pencher la balance dans la décision de produire ou non notre histoire.

Pour ma part, j’ai constamment cette notion de faisabilité en tête lorsque j’écris, qui d’un côté me bride, mais qui d’un autre côté me force à réfléchir autrement et plus efficacement.

http://legacy.lclark.edu/faculty/jsmiller/objects/idea_bulb.jpg

Comment faire comprendre au spectateur la même chose de plusieurs manières différentes ?

Une idée géniale coûterait très probablement trop cher pour être gardée ? Eh bien dans ce cas, il faut trouver une idée tout aussi géniale, mais qui serait bien plus économe.

Et parfois, cela nous amène à rester simples, à faire dans le concret, tout en pouvant rester subtil. Personnellement, j’ai déjà eu l’occasion d’améliorer grandement certaines scènes en modifiant leur point de vue, le nombre de personnages intervenant, ou tout simplement en les réduisant à un simple monologue en voix off, par exemple.

http://medias.buzzline.fr/images/jeux-concours/eden-log-concours.jpgBien sûr, si vous vous lancez dans l’écriture d’une épopée de science-fiction, inutile d’avoir en tête de réduire la dépense au maximum, à quoi cela mènerait-il ? Bien sûr, cela n’empêche pas de rester raisonnable ! A l’instar d’Eden Log de Franck Vestiel, qui nous transporte dans un monde souterrain avec quelques kilos de boue, trois néons et un Cornillac méconnaissable. Tout dépend de votre idée de départ, de votre ambition.

Au final, le plus dur est de trouver l’équilibre entre ce que vous voulez vraiment dire et les moyens que vous vous donnez. Car si le cinéma est une question d’idées et d’ambitions, c’est également une looooongue histoire d’argent.