« Où va le cinéma ? » : Wim Wenders
Ecrit par Aineka | Dans les catégories Analyses, Jeu d'acteur, Par Aineka | Ecrit le 04-01-2010
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Dernière interview et pas des moindres, la réponse de Wim Wenders à la question : Où va le cinéma ?
Wim Wenders est un réalisateur allemand. Il vient de réaliser un documentaire en 3D sur la chorégraphe Pina Baush. Il a été président de la Mostra de Venise en 2008, a reçu la palme d’Or en 1984 pour le merveilleux Paris, Texas. Il a aussi réalisé le documentaire Buena Vista Social Club en 1999.

Il argumente sa réponse en plusieurs parties.
Sur les nouveaux outils cinématographiques:
« Les outils ne racontent rien, ce sont les gens qui racontent avant tout des histoires. Il y a eu l’image, puis le son et on a raconté l’essentiel à l’époque. Au début, j’ai trouvé que le numérique représentait un nouveau type de liberté jusqu’à ce que je découvre que l’on montrait tout et n’importe quoi dans les salles obscures. On a utilisé beaucoup d’argent pour parfois ne rien raconter. Le gros problème se trouve au niveau de la distribution. Grâce au numérique, on a pu trouver des nouveaux films formidables avec de jeunes talents incroyables mais la distribution reste une porte étroite. Ce que j’appelle le prolétariat des cinéastes sont obligés d’attendre dehors sans qu’aucune porte ne leur soit ouverte. »
Sur les mutations:
« J’ai l’impression qu’à chaque avancée, nous faisons 2 pas en avant… et 3 pas en arrière. A chaque fois, on trouve des contre-arguments qui empêchent le plus souvent d’avancer. Le numérique a permis de sauver le documentaire mais personne ne les montre malheureusement! De même, des plateformes comme YouTube sont bien mais pour 99,99% de contenus, ce n’est pas ce que j’appelle du Cinéma. Il s’agit ni plus ni moins d’un outil sans langage. Cela ressemble parfois même à une cacophonie. »
Sur les phénomènes de mode:
« Je viens de découvrir la 3D grâce au tournage que nous venons de terminer sur la grande chorégraphe Pina Bausch. Quand nous tournions et que je regardais le résultat, j’ai été immédiatement fasciné par le rendu 3D. Pour moi, ce nouveau phénomène de mode est sans conteste l’avenir du documentaire. La 3D est une nouvelle forme de poésie. Maintenant qui j’y ai touché, il va certainement être difficile de s’en détacher. Concernant le reste de la production 3D, je suis complètement effaré par les films qui sortent sur les écrans. Il n’y a aucune histoire et ces films ne racontent absolument rien. C’est surtout cela qui m’effraie le plus. On peut donc parler d’une industrie du rêve oui, mais bloqué par une industrie de m… »
Sur la direction d’acteur :
« Il y a eu beaucoup de changements dans la relation acteur-réalisateur. Avant, le réalisateur était en contact permanent avec l’acteur, puis il y a eu ce que l’on appelle les combos et nous nous sommes éloignés de lui. L’arrivé des effets spéciaux n’a pas amélioré la situation car jouer devant un fond bleu ou vert reste extrêmement difficile pour un acteur qui doit redoubler d’efforts pour rentrer dans son rôle. Il y a de moins en moins de réalité dans les studios, et l’acteur est aujourd’hui devenu très seul. Heureusement, grâce à la 3D, j’ai trouvé une nouvelle relation avec l’acteur. Certes, il faut regarder le résultat sur vidéo mais notre relation est différente. Le seul inconvénient est qu’il s’agit encore d’une lourde technologie. »




L’histoire est très simple, filmée sans artifices. Un film tout en modestie où j’ai passé 1h40 face à 2 acteurs de grande générosité. Les scènes sont très bien écrites et donnent l’impression que beaucoup de place a été laissée aux interprètes dans l’écriture des dialogues. La manière dont les personnages s’expriment ne ressemblent pas à de l’écriture mais à du ressenti. Ce que je veux dire par là, c’est qu’en voyant le film, j’avais la très nette impression que les acteurs n’avaient pas de textes précis à réciter. Il semble que le réalisateur leur ait donné la situation : Jean va chercher son fils à l’école, Mlle Chambon en profite pour lui parler de son problème de fenêtre, Jean lui propose de l’aider. Le reste est à la charge de l’acteur.
Parce qu’ils étaient généreux, cela a permis à mon cœur de s’ouvrir aux leurs et donc d’être épris et tourmenté tout comme leurs personnages. Je ne crois pas que ce soit la mise en scène qui en soit responsable même si elle est parfois merveilleuse. La scène où Jean ramène Mlle Chambon chez elle et qu’ils pleurent à intervalles différents… Ceux-ci sont joliment mis en valeur par de judicieux panots (mouvement panoramique de la caméra). Cette scène seule ferait taire n’importe quel acteur ne croyant exister seulement par le texte.
Il est environ 22h et je sors de la séance de « Le dernier pour la route » de Philippe Godeau avec François Cluzet, Mélanie Thierry et Michel Vuillermoz. Comme pour l’article consacré à 
L’exemple d’une des scènes de Ne le dis à personne est aussi probant. Pour ceux qui ont vu le making of, vous devez savoir que pour la scène où le personnage d’Alex (François Cluzet) revoit pour la première fois sa femme sur l’enregistrement d’une caméra de surveillance est un superbe exemple. Guillaume Canet avait caché le contenu de la vidéo à son acteur pour qu’il réagisse vraiment à ce qu’il voit. Il ne sait pas quand cela va arriver, ni ce qu’il va voir.
Hard Candy est un film de David Slade sorti au cinéma en 2006, avec Patrick Wilson et Ellen Page.
Pour revenir à cette jeune actrice, son jeu donne l’impression qu’elle maîtrise ces paramètres et ce depuis l’âge de 17 ans… (à un âge où la plupart d’entre nous ne savent ni qui ils sont, ni ce qu’ils veulent) voilà l’objet de mon admiration.